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Opération Mobilisation France -> Mission à longue durée -> Une carrière (Global Service)

Prêt à tout

Dans notre siècle où tout est planifié dès les années de collège, les enfants vont visiter des salons des métiers, ont accès à des bourses des professions, et à des sites internet leur donnant des idées quant à leurs futures études. Le jeune homme, la jeune fille vont se poser très tôt des questions sur leur avenir, sur le choix du métier qui leur offrira le plus de possibilités et qui leur assurera le plus de sécurité. Un chrétien se posera les mêmes questions, se demandant en plus ce que Dieu veut pour lui, et comment se préparer à un engagement professionnel qui ne soit pas incompatible avec un engagement chrétien. Choisir une profession qui va lui permettre d’avoir un engagement chrétien, à temps partiel ou à plein temps, ou apprendre un métier qui le rendra plus efficace dans son engagement pour Dieu.

Que dit la Bible ?

Il me semble intéressant de nous tourner d’abord vers la Bible. Dès le début de l’humanité, le travail faisait partie du plan de Dieu (Gen. 2v15). L’irruption du péché a modifié le sens du travail : de joie, il est devenu fardeau. Même si le travail n’est pas mauvais en lui-même, il a perdu sa vraie valeur (Gen. 3v16-18). Si le travail devient une fin en soit, il aboutit à l’idolâtrie (Ecc. 2v4-11) et certains s’en servent pour exploiter ou opprimer leur prochain (Ex. 1v1).

Mais au travers de la rédemption du Christ, le travail a été transformé à nouveau en bénédiction. Dans le Nouveau Testament, l’oisiveté, même avec des motifs religieux, est condamnée (1Thess. 4v11). Jésus a exercé le métier de charpentier (Mr. 6v3) et a sanctifié le travail ordinaire. Paul a donné l’exemple en travaillant de ses mains afin de ne pas être une charge pour l’Église (Ac. 18v3), mais il a aussi plaidé pour que les serviteurs de Dieu (à plein temps ?) reçoivent un juste salaire (1Ti. 5v17). Les tâches ordinaires sont, aux yeux des chrétiens, un service pour Dieu et doivent être accomplies en son honneur (Col. 3v23) et en faveur du prochain (Mt. 25v40). Il est intéressant de noter, surtout dans l’Ancien Testament, que Dieu appelle des gens au travail : David-berger, Elisée-laboureur, Amos-cultivant les sycomores, etc.

Que constate-t-on aujourd’hui ?

Comment intégrer tout cela dans notre monde actuel qui paraît tellement plus compliqué qu’à l’époque de la Bible ? Les exigences sociales et administratives, le chômage, l’insécurité de l’emploi, l’inquiétude des retraites… Un engagement à plein temps dans le ministère n’est pas aussi simple. Mais Dieu n’a pas changé.

Il me semble que chaque personne engagée avec le Seigneur a une tâche à accomplir pour Son Maître, dans le cadre de son travail ou hors de ce cadre pratique. L’appel de Dieu tel que nous le lisons dans Matt. 28v20, Marc 16v15 et Actes 1v8 est clair :

Avec une telle mission, la question que l’on doit se poser est : « Quel est le plan de Dieu pour ma vie ? » ou même « Ai-je encore un choix dans un engagement avec Dieu ? »

Il me semble que dans une vie d’engagement avec Dieu, ces appels s’adressent à tous avec la même intensité et avec une seule réponse : « Que veux-tu de moi Seigneur ? » Il est pour moi évident qu’il n’y a que le type d’engagement et la destination qui peuvent varier. Dieu peut appeler son serviteur à travailler sur les routes, dans un bureau, ou dans le cadre d’un engagement à plein temps. Tout dépendra de l’esprit de la personne qui s’engage. Si cette personne pense être appelée par Dieu à travailler sur les routes, elle sera le meilleur ouvrier de l’équipe, comme elle devra l’être dans un engagement à plein temps.

La relation avec le Seigneur me parait absolument primordiale dans cette vision des choses. Récemment une stagiaire-missionnaire de 20 ans, venant de vivre les évènements de février au Tchad, au sein de la structure qui accueillait les « 103 enfants, » écrivait combien ce temps très difficile, dans un contexte de guerre et de surcharge de travail, l’avait fortifiée dans sa foi. Il avait renforcé sa conviction et son appel du Seigneur pour cet endroit et ce ministère.

Alors quels métiers ? Quelles formations ?

Un serviteur de Dieu, pilote d’avions dans une société missionnaire, avait constaté que les missionnaires les plus efficaces n’étaient pas forcément ceux qui avaient suivi une formation théologique, mais ceux qui avaient appris un métier et l’avaient exercé avant de s'engager dans un ministère (l’idéal étant d’apprendre un métier et de suivre ensuite une formation théologique). Je ne suis pas sûr qu’un métier soit plus spécifique pour préparer à un engagement dans un ministère. Les métiers de la communication préparent certainement mieux à être des « témoignants-communiquants » de l’évangile. Mais des métiers pratiques et polyvalents sont d’excellentes préparations, notamment pour des ministères outre-mer. Regardons l’exemple de Stuart Moreton, infirmier, puis coéquipier d’OM, puis mécanicien d’OM et enfin mécanicien de l'association Auto-mission, un ministère au service des pasteurs et des missionnaires et de leurs véhicules.

Il me semble qu’au-delà du choix de la formation et du métier, l’important est la disponibilité de la personne à obéir à Son Seigneur. Si notre engagement pour Dieu va au-delà de nos petites ambitions, alors Dieu pourra nous utiliser, quelle que soit notre formation.

Un témoignage

La plus grande question de ma jeunesse était de savoir ce que Dieu voulait pour ma vie. De l’aspect matériel, le chemin était tracé, mais ne me paraissait pas satisfaisant. Et puis un jour une opportunité s’est présentée à moi de faire un stage court terme, mettre au service de la mission en Afrique les quelques compétences que j’avais. Dieu m’a montré ce qu’Il attendait de moi pendant cette période et depuis plus de 40 ans, l’appel demeure.

Les tâches accomplies ont été multiples, les compétences utiles nombreuses et plusieurs ont été acquises sur le terrain. Des changements d’orientation et des retours en catastrophe avec ma famille (pour cause de guerre), mais toujours le même cap. Au soir de la vie, on peut se demander si cet engagement valait la peine, alors que d’autres mènent une vie tellement plus facile (!?), bien réglée, et sans « dépassements » de quelque sorte que ce soit. La réponse est oui, autant pour moi que pour mon épouse qui a dû souvent faire front, ayant la responsabilité d’une famille. Notre formation ? Être prêts à tout pour Dieu. Les conditions de vie difficiles, très modestes, voire précaires, ne devraient jamais être un frein dans la mesure où notre foi en un grand Dieu demeure.

Aujourd’hui, les discours de nos syndicats vitupèrent contre les dirigeants d’entreprises qui mettent au chômage des seniors encore jeunes. J’y vois une opportunité fabuleuse, celle d’engagement de personnes encore actives, avec des compétences de vie et professionnelles certaines, et qui pourraient largement être utiles au service du Maître. Cela pourrait être dans le cadre de leur profession ou en partageant des expériences de vie, sur le terrain du témoignage et de l'engagement, dans l'Église, l'évangélisation, ou en mission.

On entend couramment des objections telles que : « Je n’ai pas les compétences. » (Pourtant personne ne sait de quoi il est capable dans un engagement avec Dieu !) ; ou bien « Je n’ai pas envie de me réengager dans une autre voie. » Malgré tout, lorsqu’il y a engagement, très souvent les retours concernant la personne, sa famille et son œuvre sont très positifs.

En conclusion

Il me semble que la conclusion est simple. Si l’on est chrétien, que l’on aime le Seigneur, que l’on est prêt à Le servir, à être utile dans Son œuvre, si Dieu nous prend là où l’on est, alors Il saura nous utiliser et nous rendre utiles dans Son œuvre. Si nous cherchons une formation qui doit être utile à l’œuvre de Dieu, alors Dieu saura nous éclairer, mais sachons que le meilleur de notre vie, de notre formation, de notre engagement doit être pour Dieu.

Que Dieu vous bénisse.

Article écrit par : Gilbert Klopfenstein, juin 2008


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